"Un soir, par un temps affreux, cascades de pluie, vent et tonnerre, on vint me chercher. J’en étais ravi, quel plaisir de rentrer à l’abri ! J’étais séparé de mes frères et sœurs, mais j’étais au sec.

J’étais au creux d’une main rugueuse  qui m’emmena  par des couloirs tous plus lugubres les uns que les autres, je commençais à regretter l’extérieur.  La main finit par ouvrir une porte, la pièce était fort jolie, il y avait là un grand lit à baldaquins. On me posa sur une chose moelleuse. Tout allait bien ! Cela ne dura pas longtemps car on revint avec vingt choses moelleuses et vingt autres objets mous qu'on empila sur moi ! C’était  épouvantable ! je ne pouvais  plus respirer, j’étouffais et je ne voyais plus rien ! Il n’y avait plus un bruit ! La main était  partie, j’étais seul !

Quelques temps plus tard la porte s’entrouvrit, j’entendis de petits pas légers, on escalada les choses moelleuses,  je senti un petit poids supplémentaire, oh, léger, très léger. Toute la nuit on remua  au-dessus de moi, je ne pus  fermer l’œil !

Lorsque je crus percevoir une légère lueur,  la porte grinça, on demanda si la princesse avait bien dormi ?

Et la princesse répondit : « Affreusement mal, je n'ai presque pas fermé l'œil de la nuit. Dieu sait ce qu'il y avait dans ce lit. J'étais couchée sur quelque chose de si dur que j'en ai des bleus et des noirs sur tout le corps ! C'est terrible ! »

Pardon ? Moi ? Une chose si dure ? Mais je n’étais qu’un petit pois !"

 

C'était : Le petit pois à la princesse ou l’épouvantable nuit du petit pois.

J'ai trouvé une très jolie illustration/collage  de Delphine Grenier  pour illuster cette histoire :

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